Sentiment vague et oppressant, malaise qui m’étouffe le soir, alors que je redoute cette pénombre qui m’accueille. Je tourne et me retourne dans mon lit. La lumière du crépuscule fait naître des fantômes qui s’agitent dans l’ombre de la pièce et que je suis seule à voir : fantômes d’illusions et d’incertitudes qui m’assaillent et m’étreignent. Il me semble me détacher du monde, m’envoler sur mon nuage, loin des lassitudes, avec une sorte d’inertie indéchiffrable dans le noir qui gagne peu à peu et mon cœur et ma chambre. Je pleure, enlisée dans le morne écoulement du temps ; temps qui meurt sans arrêt quand il s’en va et qui ne meurt jamais puisque je le retrouve mais qui se prolonge encore et qui, impitoyable coutumière habitude, continuera à jouer avec moi... je me sens me consumer, morte-vivante. Toutes mes vieilles terreurs, mes vieilles souffrances réapparaissent et je me sens misérable, presque de trop sur cette terre, prise d’un vertige, d’un amer écœurement à l’idée de ne pas trouver le sommeil. Je te hais, mon insomnie, même s’il me fait penser à toi si loin là bas !
Bon jeudi à ce soir bisouxxx tout Doubs ...















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