Comme vous le savez j'ai une Ado de 16 ans depuis
qq temps elle n'est pas bien et pense très souvent au suicide
...
Je suis très inquiète et complètement désarmée face
à son désarroi alors que son père (mon ex mari) et moi l'entouront
au maximum.
Merci de m'aider ou de me donner des pistes pour ne
pas passer à côté de qq chose qui pourrait être dramatique
...
Une amie psy m'a donnée une piste je vous mets l'article,
j'aimerais votre avis de toutes urgences et surtout si vous avez
déjà été confronté au problème moi je suis qq peu désarmée
...
D'avance je vous remercie...bisoux doubs une Maman
dans la détresse ...
Suicide chez les Ados que
faire ??
Les proches d'un suicidé se reprochent toujours de
n'avoir jamais rien vu venir. C'est leur façon de culpabiliser, de
commencer le travail de deuil. Ils veulent comprendre.
Mais dans 40 % des suicides (donc « réussis »), la décision a été
prise brutalement, sur un coup de tête. Et aucun signe n'était
apparent.
Pour les autres, ils n'ont pas vu. Après tout, ils ne sont pas des
professionnels, ils mettent tout sur le dos de la « crise
d'adolescence », se disent que ça passera.
Mais quels changements de comportements n'ont ils pas su
interpréter ?
- une dépression (l'ado est triste, irritable, insomniaque, devient
« lent » pour parler et penser, il a l'impression d'être inutile,
il est découragé, il parle de la mort, ses résultats scolaires
s'effondrent, il pense que personne ne l'aime et qu'il n'a pas le
droit d'être aimé...)
- la fuite devant la réalité (fugue, ivresses répétées, toxiques
comme le tabac mais surtout les drogues, des conduites d'échec, des
prises de risques telles que conduites rapides, violences, un
isolement familial et social, des modifications vestimentaires
tirant au noir, éloge de la mort, ...)
- des ruminations (fascination pour la mort, honte d'exister, pas
de projet, conflits, mépris de soi qui mènent à une réaction
mégalomaniaque d'être capable de contrôler la mort afin de
compenser la faible estime de soi...)
Bien sur chacun de ses comportements pris seul ou en groupes,
n'annonce pas systématiquement une prochaine crise suicidaire. Ce
sont des appels au secours qui doivent pousser l'entourage à
chercher plus loin et à faire plus attention.
Lorsque la crise suicidaire approche, l'ado se néglige, il cesse
toutes les activités auxquelles il tenait, donne les objets
auxquels il tient et prône le courage des suicidants, il parle de
son projet à demis mots (« Si je suis mort, ça ne gênera
personne... Vous seriez bien mieux sans moi... », « La vie n'en
vaut pas la peine... Je suis écœuré de tout... »...).
L'idée du suicide devient une idée fixe, il semble n'y avoir pas
d'autres solutions. Le calme après une période agitée sous 2
semaines est le signe que l'ado peut avoir pris sa décision. Chaque
contrariété peut déclencher le passage à l'acte, et il faut se
garder de se moquer ou de le mettre au défi, mais au contraire
faire l'effort de montrer son inquiétude et l'envie de comprendre
sa détresse.
Il y a bien sur des signes qui sont susceptibles de faire penser
que l'ado risque de passer à l'acte :
- une TS précédente bien sur (et parfois les proches n'en savent
rien !) qui ne doit pas être niée ni cachée
- une dépendance à l'alcool ou aux drogues (rappelons que le
cannabis accentue les TS) et aux jeux d'argent
- une ambiance particulière (conflit familial, prise d'alcool dans
la famille, violences, maltraitances, agressions sexuelles, parent
dépressif, parents trop exigeants ou trop laxistes et aussi l'échec
dans les études, le fait de ne pas trouver de travail...)
- un événement vécu comme une perte (et vécu comme un deuil : la
perte du travail, le décès d'un proche, une grossesse non désirée,
un avortement, une déception amoureuse, un échec à un examen,
maladie grave, perte de ses rêves - des troubles mentaux : la
dépression, la schizophrénie, l'épilepsie, ...
- des troubles des comportements : les troubles des comportements
alimentaires, une personnalité antisociales, l'incapacité à
supporter les frustrations, la recherche de sensations extrêmes,
une tendance à l'ennui, une recherche de perfection, une
homosexualité non assumée...
Bref, si comme je l'ai écrit plus haut le suicide ne laisse pas
toujours des signes de passage à l'acte, néanmoins il convient de
se poser des questions dès qu'un changement apparaît dans le
comportement de l'ado.
Il ne faut pas hésiter à envisager et parler ouvertement
avec l'ado de ses idées noires et d'envies suicidaires. Ne pas
avoir peur de nommer les choses.
La prévention de la crise suicidaire est l'affaire de tous. Si les
professionnels sont plus aptes à repérer les signaux précurseurs,
les parents, les proches doivent s'informer et ne pas se fermer au
fait d'en parler. Car n'oublions pas que l'ado a peur de mourir
mais croit qu'après sa mort tout ira mieux, comme s'il devait
revenir. Il est en fait partagé entre son envie de se suicider et
l'envie de vivre AUTREMENT.
Donnons-lui accès à la bonne
porte.
Vergibération.
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